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Dire à un collègue que je fonctionne autrement
Mis à jour en août 2026
Demande un ajustement précis, pas une compréhension générale : « j’ai besoin des consignes par écrit » se traite, « je fonctionne autrement » se discute. Tu n’as aucune obligation de nommer quoi que ce soit. Prépare une phrase, une demande, et un plan B si la réponse est mauvaise.
Ce que tu n’es pas obligé de dire
Aucune règle n’oblige à nommer un diagnostic, une particularité ou un état de santé à un collègue. La quasi-totalité des ajustements utiles au quotidien. Consignes écrites, réunions cadrées, délais annoncés. Se demandent sans rien révéler du tout.
Ce point vaut d’être posé en premier parce que beaucoup de gens abordent le sujet en pensant devoir tout expliquer pour avoir le droit de demander. C’est l’inverse : plus la demande est concrète, moins l’explication est nécessaire.
Demander un ajustement plutôt qu’une compréhension
« Je fonctionne autrement » ouvre une discussion : sur ce que ça veut dire, sur si c’est vraiment le cas, sur si tout le monde n’est pas un peu comme ça. Tu passes la conversation à défendre la prémisse.
« J’ai besoin que les consignes arrivent par écrit, même courtes » ouvre une action. Il n’y a rien à croire, juste quelque chose à faire ou pas. Formule ce que tu veux obtenir, pas ce que tu voudrais qu’on comprenne. La compréhension vient parfois après, jamais avant.
À qui, et dans quel ordre
Un collègue direct, pour un ajustement de fonctionnement quotidien. Un manager, quand la demande touche l’organisation du travail. Les ressources humaines ou le médecin du travail, quand il faut que ça devienne officiel et opposable.
Ces trois canaux n’appellent pas le même niveau de détail. Ce qui est dit à un collègue circule : c’est acceptable pour « j’ai besoin d’écrit », beaucoup moins pour une information de santé. Choisis le canal avant de choisir les mots, pas l’inverse.
Préparer la phrase, et le moment
Une phrase prête tient en deux temps : le constat neutre, puis la demande. « Sur les consignes orales je perds la moitié en route. Est-ce que tu peux me les envoyer en message, même en trois lignes ? »
Le moment compte autant : pas au milieu d’un rush, pas en fin de réunion, pas dans un couloir. Un créneau calme, annoncé (« j’aurais un truc rapide à te demander »), donne à l’autre la disponibilité nécessaire pour dire oui.
Quand la réponse est mauvaise
Trois réponses reviennent : « tout le monde est un peu comme ça », « t’as juste à faire un effort », « mais on ne dirait pas du tout, à te voir ». Aucune ne répond à la demande. Elles la déplacent sur ta légitimité à la formuler.
La sortie est de ramener la conversation à l’objet : « Peut-être, et ma demande reste la même : les consignes par écrit. » Tu ne discutes pas la prémisse, tu répètes la demande. Si le refus persiste, c’est un sujet d’organisation à porter plus haut, pas une négociation à mener seul à la machine à café.
Répéter la scène avant de la vivre
C’est le type de conversation qu’on repousse pendant des mois et qui dure deux minutes. Ce qui la rend difficile n’est pas son contenu, c’est ce qui peut arriver au milieu : la question imprévue, la minimisation, le silence gêné.
Le terrain Neurodiversité de Noim contient un écran dédié à ce moment, comment le formuler, jusqu’où aller, et un jeu de réponses prêtes aux phrases qui minimisent. Rejouer la scène face à quelqu’un qui ne coopère pas coûte moins cher que de la découvrir en vrai.
Entraîne-toi sur ce cas
Lire ne suffit pas : le réflexe se construit en le répétant. Affronte la situation en sécurité, autant de fois qu'il le faut.
NeurodiversitéQuestions fréquentes
Faut-il en parler avant ou après un problème ?
Avant, si tu le peux : une demande posée à froid se lit comme de l’organisation, la même demande après un incident se lit comme une excuse. Si le problème est déjà là, sépare bien les deux, d’abord régler l’incident, ensuite demander l’ajustement.
Mon collègue peut-il en parler à d’autres ?
Rien ne l’en empêche, ce qui est la vraie raison de limiter ce que tu confies à ce niveau. Un besoin de fonctionnement circule sans dommage. Une information de santé, non : celle-là passe par le médecin du travail, qui est tenu au secret.
Et si je ne sais pas encore comment nommer ce que je vis ?
Ça n’empêche rien. Une demande d’ajustement se formule à partir de ce qui pose problème concrètement : l’oral, l’imprévu, le bruit. Sans qu’aucune catégorie n’ait à être posée. Décrire la situation suffit à la traiter.